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Jacques Dufrane
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Jacques Dufrane
Dufrane
214ruedeBaume
La Louviere
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Biographie

Biographie

Created On: 31/01/2013 10:09:05
Edited By Jacques Dufrane On: 06/02/2013 16:56:07
Jacques Dufrane est né en 1947 dans un milieu ouvrier modeste, très éloigné du monde de l’art et défavorisé par les difficultés économiques de l’après-guerre. C’est à Binche qu’il voit le jour, dans cette région que l’on nomme en Belgique, la région du Centre, une région naguère très riche sur le plan industriel mais aujourd’hui en déclin perpétuel, ce qui ne sera pas sans incidence sur sa démarche ultérieure…
Doté dès son plus jeune d'un don particulier pour le dessin, il passe son enfance à reproduire des scènes de bandes dessinées et, notamment, celles qu’il trouve dans les aventures de Michel Vaillant écrites par Jean Graton. Cette bande dessinée sera à la base d’une passion pour le design automobile et elle le conduira à réaliser des milliers de dessins de voitures qui iront, au grand dam de ses professeurs et de ses parents, jusqu’à envahir ses cahiers de cours. C’est d’abord à travers ses dessins qu'il développera sa créativité ainsi que son sens de l'esthétique et que naîtra son rêve de devenir, plus tard, designer à l’instar de Pininfarina. L'école lui permet d'accéder à quelques livres d’art dans lesquels il découvre, à la fin des années cinquante, Picasso. Un peu plus tard, grâce à la pénétration de la télévision dans les foyers et à une émission dominicale qui avait pour but la revue des galeries parisiennes, il découvre aussi Alberto Giacometti. Ces deux artistes le marquent profondément et lui donnent à la fois le goût de la peinture et de la sculpture. Sa découverte d’autres techniques et d’autres artistes ainsi que quelques cours de dessin esthétique dispensés en ce temps là à l’école primaire et jusque dans l’enseignement secondaire lui donnent le goût de la création et le poussent à s'intéresser à l’art sous toutes ses formes. Parmi ces autres artistes, Edward Seago l’inspire beaucoup pour ses premiers paysages campagnards qu’il réalise à l’aquarelle et qu’il agrémente d’animaux divers et parfois de quelques troupeaux de vaches.Un monde animalier que l’on retrouvera bien plus tard dans ses peintures et, presque exclusivement, à travers sa sculpture.
Cette passion pour le dessin artistique sera mise en sommeil quand il terminera ses études de technicien en 1968 et entrera dans l’univers du travail et de la métallurgie, laquelle régnait encore en maître en Belgique à la fin des années 60.
Après avoir exercé différents métiers dans le domaine de la construction métallique, il entre en 1972 au service d’une petite fonderie industrielle et découvre le procédé de la cire perdue, ses possibilités et son rôle dans la statuaire depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Associées à ses qualités naturelles de dessinateur et à un sens inné du volume, ses pérégrinations au sein de cette société et de ce procédé le doteront d’une polyvalence hors du commun dans son métier de fondeur. Il ne quittera celui-ci que pour partir à la retraite en 2012.
Malgré, une vocation précoce et bien qu’il ne se soit jamais totalement désintéressé de l’art en général, ce n'est qu'en 1991, à l'âge de 44 ans qu'il y reviendra.
Les hasards de la vie et les brocantes sur lesquelles, à l’époque, il aime flâner le dimanche matin sont à l’origine de ce retour. Elles lui apprennent l’amour des objets particuliers et des petits tableaux au charme désuet auxquels il est resté sensible aujourd’hui encore malgré une attirance prononcée pour l’art moderne et contemporain. Ce sont à nouveau les hasards de la vie qui le poussent à passer de l’autre coté de la barrière et à devenir, occasionnellement puis de manière plus assidue, brocanteur. Comme souvent pour beaucoup d’artistes amateurs, les brocantes deviennent, dès lors pour lui, son premier lieu d’exposition. Il y rencontre un succès d’estime, ses œuvres lui attirant la considération des autres brocanteurs et l’intérêt des chalands. C’est aussi là qu’il vend, pour la première fois, un dessin pour la somme de quinze euros… Cette vente, en apparence insignifiante, n’en constitue pas moins une véritable reconnaissance et celle-ci l’encourage à persévérer. Par la suite, la brocante devient pour lui un véritable terrain de test pour ses créations et elle le signale à l’attention des nombreux amateurs d’art qu’il y rencontre.
Après quelques natures mortes réalisées au crayon comme dans son enfance, il revient à l’aquarelle en prenant pour modèle une œuvre de Tranquillo Crémona qu’il copie et reproduit systématiquement en de très nombreux exemplaires. Sans détour, il qualifie ces aquarelles de simulacres et les numérote pour mieux encore souligner la répétitivité du geste. Paradoxalement, ce sont précisément ces œuvres sans originalité mais empreintes d'une très grande séduction qui lui attirent son premier public et lui font prendre conscience de son talent et de ses possibilités dans ce domaine. Il se rend compte par la même occasion qu’auprès du grand public, la qualité esthétique reste primordiale et il s’interroge alors longuement sur les notions sacralisées d'authenticité et d'originalité. Il s’interroge aussi sur lui-même et sur les raisons qui le ramènent vers une activité artistique presque oubliée pendant plus de vingt ans mais qui prendra dorénavant le pas sur tout ce qu’il avait aimé auparavant. Il approfondit sa connaissance de l’histoire de l’art et de ses aspects philosophiques et sociologiques. A la recherche d’une réponse à son questionnement, il lit quelques uns des grands spécialistes en la matière. Cette réponse, c’est, de manière assez inattendue, à travers les écrits d’un artiste, Marcel Duchamp, qu’il la trouve. Il partage bon nombre de ses réflexions mais il se garde bien de faire sienne la démarche de ce père de l’art contemporain qui, en mettant le doigt sur l’arbitraire du digne, rejeta le seul savoir-faire au profit d’une démarche purement intellectuelle.
Très vite, lassé à la fois par les limites de l’aquarelle et la répétition de l’œuvre de Crémona, il se tourne vers l’acrylique dans laquelle il retrouve certaines qualités de l’aquarelle et, avec elle, il revient aux paysages campagnards agrémentés de quelques vaches tels qu’il les réalisait dans sa jeunesse et qui trouvent un public sur les brocantes. Au fil du temps et après la naissance de ses mécanos- mémoires, ses paysages se videront de tout leur contenu anecdotique pour ne plus laisser place qu’à deux plans de couleur uniformes sensés représenter le ciel et la terre avec, au cœur de ce paysage réduit à sa plus simple expression, une seule et unique vache symbolisant, au-delà d’une présence incongrue, la solitude. C’est toujours la même vache, parfois accompagnée d’un arbre, que l’on retrouvera dès lors dans ses paysages minimalistes.
Entretemps, par son métier de fondeur, il est devenu, avant tout un homme de la forme et du volume. Or, que ce soit sur le plan de la création ou de sa recherche du contact avec la matière dont il a toujours besoin, la peinture à elle seule ne le satisfait plus. Il s’interroge donc à nouveau sur lui-même. Il envisage alors de s’orienter également vers la sculpture puisque, en tant que dessinateur industriel, sa vision dans l’espace et un sens du volume propre à tout bon fondeur le prédestinent naturellement bien plus à cette discipline qu’à la peinture. Comme par ailleurs, le milieu dans lequel il exerce sa profession de technicien est propice, à bien des égards, à une telle activité, il décide de faire le pas. Avec l’autorisation de son employeur, il réalise très vite une première petite sculpture en utilisant les installations de l’usine dans laquelle, par sa fonction, il circule à longueur de journée et dont il connaît, de ce fait, les moindres détails. Cette sculpture réalisée dans l’esprit de Giacometti (ce qui lui permet d’éviter la technique de la ronde bosse) suscite l’enthousiasme des amateurs sur les brocantes.
Fin 1995, il réalise une seconde petite sculpture en bronze, un christ, d’inspiration très personnelle cette fois, qu'il nomme ’’Ecce Homo ‘’. A l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée par son employeur et intitulée ’’ Art et industrie ‘’, l’opportunité lui est offerte de présenter cette sculpture aux cotés des œuvres d’un sculpteur affirmé et reconnu, Léon Depas. Le succès rencontré avec ce christ et le plaisir de son élaboration le déterminent à mettre au second plan la peinture pour la sculpture avec, à la clef, plusieurs distinctions dès 1998 et des expositions de plus en plus nombreuses jusqu’à ce jour.
Il réalise ensuite, toujours par le procédé de la cire perdue, une série de sculptures dont quelques sujets animaliers restent sous l’emprise de Giacometti mais qui lui permettent d’entrer à la galerie Serge Mendjski à Saint Paul de Vence où il expose de 1996 jusque 1999. Malgré cela, la volonté de se débarrasser autant que possible de toute influence et surtout l’exigence de sortir des sentiers battus, si pas par la forme du moins par le sens, lui donne l'idée de mettre son métier en scène et, avec lui, la petite société industrielle au service de laquelle il travaille, depuis vingt-cinq ans déjà, pour la mise au point de pièces en acier destinées, entre autres, à l'aéronautique et à l'armement.
Dès le début des années 2000, il abandonne donc le modelage et le bronze vers lesquels il lui arrivera néanmoins de revenir très occasionnellement et passe à la technique du fer soudé avec, comme matériau principal, ces pièces dont il a la charge dans son activité professionnelle et qu’il trouve dans les rebuts. La soudure lui offre des possibilités insoupçonnées ; elle le libère des contraintes et des limites de la fonderie, elle lui donne plus d’autonomie et surtout, elle lui permet d’utiliser un matériau peu couteux et abondant : les déchets métalliques issus de l’industrie et de la société de consommation. Bien d’autres artistes étant passés par là avant lui, la démarche n’est pas neuve et il est bien conscient qu’elle prêtera le flanc à la critique et aux assimilations très fréquentes dans le monde de l’art. Malgré cela, il considère que le champ d’action qu’elle lui offre reste très vaste et que les possibilités y sont infinies. L’assemblage d’éléments métalliques par soudure devient donc définitivement son credo.
Naissent alors, à côté d'un vaste bestiaire issus de son enfance, les ''turbo trotteurs'' et les ‘’ capteurs de silence ‘’ mais aussi et surtout, hymne à la métallurgie et à sa propre histoire de mécanicien, de technicien et de fondeur, les '' mécano mémoires'', sortes de tableaux emblématiques dans lesquelles il insère, entre des toiles monochromes généralement noirs (la couleur du deuil) ces pièces à usages purement industriels qu'il a personnellement mises au point et avec lesquelles il vit au quotidien depuis tant d’années.
Très vite, ces ’’mécanos mémoires’’, emblématiques de sa production, deviennent sa carte de visite tant par le sens qu’il entend leur donner que par leurs qualités purement esthétiques. Celles-ci, qui parlent d’abord à ce que Duchamp appelait les regardeurs, lui valent la reconnaissance et l’estime du grand public et la considération du milieu artistique belge. Elles lui valent aussi l’intérêt de quelques galeristes et critiques d'art avertis ainsi que le soutien de quelques industriels qui considèrent sa démarche exceptionnelle et la preuve absolue d’un amour du métier exemplaire. A noter parmi ces derniers, Veolia et Fenstar qui ont su, à plusieurs reprises, le soutenir lors de sa participation à des salons d'art contemporains. A contrario, preuve que nul n'est prophète en son pays, cette démarche inquiète et fait peur à certains dans son propre milieu professionnel et suscite la jalousie chez d’autres...
A travers ses mécanos, il raconte sa vie et son histoire de fondeur ainsi que celle de ceux qui partage le même métier, écrivant à sa manière, non seulement sa propre mémoire mais aussi celle de cette petite société industrielle en lutte constante pour sa survie dans un environnement de plus en plus mondialisé. De ses mécanos mémoires, il dit en résumant ce qui est devenu son fil conducteur : ''Au delà de toute considération artistique, mes assemblages sont, avant tout et essentiellement, autobiographiques… Ils racontent ma vie de fondeur, la prolongent, lui donnent une suite et un sens… Et à son tour, cette vie leur confère un style. ’’
Enthousiasmé par le formalisme de l’œuvre dont il perçoit la finalité et comprenant mieux que quiconque la démarche quasi mystique qui la sous tend, le poète et critique d'art Denys-Louis Colaux qui ne l’a pourtant jamais rencontré, dit de lui, à la seule vue d’un mécano mémoire '' Il y a dans cet artiste une espèce d'orfèvre de l'objet utilitaire de précision lorsqu'il détourne et sacralise ces petites pièces industrielles dont il assume, depuis toujours, la mise au point pour une fonderie située en Belgique, dans la région du Centre. Par un agencement et une proposition à l'écart du fonctionnel, cette transmutation crée du sens : une mémoire, une fixation, une métamorphose, une légende, une sublimation... Ces objets qui n'ont finalement rien à voir avec le ready-made tant ils sont fignolés, pensés, reconvertis et magnifiés, atteignent à une espèce d'étonnante autonomie, à une surprenante liberté. Ils acquièrent le prestige et la fascination de nouveaux hiéroglyphes ou de bas reliefs énigmatiques, ils constituent les traces étranges d'un chiffonnement de la ligne du temps...''.
Prédateur intuitif et assidu des cimetières de ferraille, grand arpenteur de brocantes et toujours intéressé par la matière sous toutes ses formes, il réalise au début des années 2000, en parallèle à sa sculpture, des bas reliefs constitués de plaques en acier sur lesquelles il assemble des matériaux de récupération choisis en fonction de critères décoratifs et d'auto-expressivité qui le conduisent à un puissant expressionnisme abstrait et à une richesse architecturale d'une rare densité. On notera parmi ces bas reliefs la série intitulée ’’ Crash ’’ et quelques crucifixions, tant figuratives qu'à la limite d'une abstraction dans laquelle ne transparaît que la croix.
Aujourd’hui âgé et retraité, Jacques Dufrane poursuit cette aventure dont il avait tant rêvé dans sa jeunesse...

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